L’émergence et la place des services numériques dans deux bibliothèques nationales : la Bibliothèque Nationale de France et la Library of Congress

Introduction

Ces dernières années, la notion de « service numérique » a pris une grande importance au sein des bibliothèques. Elles sont de plus en plus nombreuses à revendiquer la mise en place de ces services pour tenter d’attirer le plus d’utilisateurs possible. Contrairement aux services classiques proposés dans les bibliothèques (prêt de livres, animations, etc.), les services numériques s’effectuent généralement à distance, via des plateformes numériques (tablettes, ordinateurs, téléphones mobiles) ou internet. La question que l’on peut alors se poser est la suivante : Pour quelle raison les bibliothèques s’orientent-elles de plus en plus vers le développement de services numériques et qu’est-ce que cela peut leur apporter vis-à-vis de leur relation aux utilisateurs ? Pour aborder ce sujet, nous nous attarderons sur deux bibliothèques nationales : la Bibliothèque Nationale de France (BNF) et la Library of Congress (LOC). Nous nous intéresserons plus particulièrement à la place des bibliothèques face à la montée du numérique, aux divers services numériques mis en place et en se focalisant sur deux exemples concrets de services numériques : Gallica et l’American Memory.

Remise en cause de la place des bibliothèques

Ces dernières années, de nombreuses bibliothèques ont pu constater, via des rapports annuels, une baisse importante de la fréquentation des salles, de l’emprunt de livres et de l’usage des services proposés sur place. C’est notamment le cas pour la BNF qui, selon son rapport annuel de 2014, indique que la fréquentation en salle est passée de plus de 925 000 en 2012 à environ 810 000 en 2014. Constat que l’on retrouve également à la LOC. Plusieurs éléments peuvent justifier cette situation de plus en plus marquée : l’émergence d’internet et du numérique, le manque de place dans les établissements, ou encore les contraintes d’accès aux salles et à l’emprunt de livres.

En effet, depuis l’arrivée d’Internet et l’évolution du numérique, de plus en plus de ressources s’avèrent accessibles via le net, n’importe où et n’importe quand, du moment que l’on possède une connexion et un appareil (ordinateur, tablette, téléphone, etc.). Les utilisateurs ont donc pris petit à petit l’habitude de commencer leurs recherches sur Internet, pensant pouvoir tout y trouver. Ils perdent ainsi le réflexe d’effectuer d’obtenir des informations via des livres, ou n’ont tout simplement pas le temps pour se rendre dans les bibliothèques.

En ce qui concerne le manque de place dans les établissements, il semble que ces espaces soient de plus en plus privilégiés pour travailler (seul ou en groupe), plus que pour consulter ou emprunter. Les étudiants cherchent un espace pour travailler, mais trouvant peu de places, préfèrent s’orienter vers des espaces plus grands, où ils auront plus de chance de s’installer.

Enfin, le dernier point, et pas des moindre relève des contraintes d’accès aux salles et à l’emprunt des livres. Qu’il s’agisse de la BNF ou de la LOC, ces deux bibliothèques sont assez restreintes au niveau de leurs conditions de prêt et d’accès à l’information. D’un côté, la BNF fait payer ses accès en salle et n’autorise l’entrée qu’à partir de 16 ans ou avec une accréditation, de l’autre, la LOC n’autorise le prêt de livres qu’aux membres du Parlement des Etats-Unis, aux officiels du gouvernement, aux membres de la Cour suprême et à leurs assistants. Ces restrictions peuvent expliquer en grande partie la perte des lecteurs d’une année sur l’autre.

Dans ce contexte, les bibliothèques ont dû réagir pour attirer de nouveaux leur public et palier cette baisse de fréquentation. Leur but étant également de fournir un accès plus large à l’information. Pour cette raison, elles se devaient de remettre leur vision en cause et de se resituer face au numérique. Les entrainant inéluctablement vers le développement de services numériques.

Emergence des catalogues en ligne et autres services numériques

Pour faire face à ces contraintes, les bibliothèques se sont assez vite orientées vers l’informatisation de leur catalogue pour rendre les recherches plus faciles aux utilisateurs et mieux classer les informations relatives à leurs documents. Ces catalogues en ligne (informatisés mais pas entièrement numérisés) ont ainsi permis un gain de place et de temps pour les bibliothécaires. La BNF s’est ainsi munie de huit catalogues en ligne : « Catalogue général », « Archives et Manuscrits », « Reliures », « La joie par les livres » (jeunesse), « CCFr » (Catalogue Collectif de France), « Mandragore », « Médailles et Antiques » et « BP16 » (Bibliographie des éditions Parisiennes du 16e siècle). La LOC, quant à elle, possède un catalogue général, mais à divisé ses collections en plusieurs thématiques : «  Sports & Leisure », « News & Journalism », « Arts & Culture », « Religion & Philosophy », « World History & Cultures », « Science, Technology & Business », « Government, Politics & Law », « American History » and « Maps & Geography ».

Toutefois, les bibliothèques se sont vites aperçues qu’elle ne pouvait pas se contenter de l’informatisation de leurs collections. Les établissements possédant plus de moyens financiers et techniques ont cherché à mettre en place de nouveaux services allant toujours plus loin et cherchant à valoriser au mieux leurs collections et la place de l’usager au sein de la bibliothèque. La Bibliothèque Nationale de France et la Library of Congress ont ainsi mis en place un service assez similaire : un service d’information à distance. On trouve ainsi en France « SINDBAD », le Service d’Information Des Bibliothécaires A Distance et aux Etats-Unis, « Ask a librarian ». La BNF propose un système de chat ouvert du lundi au vendredi, de 13h à 17h ou un formulaire permettant de poser sa question et d’obtenir une réponse par mail, dans un délai de 3 jours. La LOC a misé davantage sur le système de chat, ouvert pour le moment à quelques domaines tels que « Newspaper & Periodicals », « American Memory Historical Collections » and « Digital Reference Section ». Ce service a pour but de s’étendre petit à petit sur tous les secteurs de la bibliothèque.

Parmi les autres services numériques que l’on peut retrouver dans ces deux bibliothèques, deux ont beaucoup marqués les esprits et s’inscrivent aujourd’hui comme des services phares de ces institutions nationales. Il s’agit de « Gallica », proposé par la Bibliothèque Nationale de France et « American Memory », mis en place par la Library of Congress. Pour comprendre leur importance et leur succès, analysons d’un peu plus près ces deux cas.

Focus : American Memory et Gallica

Dans un premier temps, intéressons-nous à l’American Memory. Ce service a ouvert ses portes en octobre 1994. L’American Memory est un site web géré par la Library of Congress et réunissant des archives écrites, sonores ou encore visuelles du domaine publique et abordant l’histoire des Etats-Unis. Ce projet a vu le jour grâce à des donations, notamment de particuliers et s’est transformé petit à petit en bibliothèque numérique.

Concernant Gallica, ce service a vu le jour en 1997, 3 ans après celui de la LOC. C’est également une bibliothèque numérique qui met en avant une grande partie des collections de la BNF, tombées dans le domaine publique, ainsi que celle d’autres partenaires (Académies, Archives, Universités, etc.). Le but était dès le départ de valoriser d’une autre manière les collections, de les rendre accessible à un plus grande nombre. Pour faciliter cet accès, la BNF a fait un énorme travail de numérisation et d’indexation de ses collections.

Aujourd’hui, des services comme Gallica et l’American Memory sont très appréciés et utilisés par les usagers, puisque la BNF annonce dans son rapport annuel de 2014 que la fréquentation est passée de 9 485 557 en 2011 à 15 290 498 en 2014. De son côté, la LOC a vu son site passer de 52 millions à 78 millions en quelques années. Ces deux cas montrent l’importance des services numériques de nos jours et le fait que le public cherche avant tout un accès facilité et à distance à l’information et au savoir. Une mission que veulent poursuivre ces deux institutions.

 

Conclusion

Ainsi comme nous avons pu le constater, les services numériques sont devenus primordiaux pour certaines bibliothèques telles que la Bibliothèque Nationale de France ou la Library of Congress. Ils apportent un plus aux bibliothèques, permettent de valoriser davantage les collections et d’attirer un public ne venant plus ou peu à la bibliothèque. Toutefois, ces projets demandent des moyens financiers et techniques importants, des équipes formées et du temps à fournir pour les gérer. Il n’est donc pas possible pour toutes les bibliothèques de mettre en place ce genre de services et de se mettre en valeur tout comme peuvent le faire des bibliothèques nationales. On peut donc se demander au fond si ces services doivent éclore dans toutes les bibliothèques du monde ou s’il revient aux « bibliothèques nationales » d’endosser ce rôle de pionnier des services numériques. En attendant, de nouveaux services voient le jour chaque année et cela n’est pas prêt de s’arrêter car tout est bon à prendre pour garder l’usager au cœur des bibliothèques.

 

Bibliographie

 

Sites consultés

Julie Palomino – Master 1 PBD

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