Le plagiat et la presse numérique/ Bassirou BA

L’arrivée de l’internet et de son développement exponentiel ont bouleversé notre mode vie. En effet, l’internet est devenu un outil indispensable pour s’informer à temps réel presque partout dans le monde. Ainsi, la presse écrite traditionnelle est de plus en plus bousculée par la presse numérique. Ce dernier permet de mieux être à cotés des lecteurs et modifie nos habitudes de lecture dans un monde, aujourd’hui dominé par les technologies de l’information et de la communication. De ce fait, la presse numérique est de nos jours très consultée mais elle ne cesse de subir des problèmes liés au plagiat qui suscite des interrogations quant aux qualités et de la fiabilité des articles fournies en ligne.

Nous essayerons tout d’abord, d’évoquer ce qu’est la presse numérique et le plagiat. Ensuite, de parler sur la réglementation française sur ce phénomène récurent. Enfin, de terminer sur un exemple de plagiat notoire dans la presse en ligne et de citer quelques moyens de détection de travaux plagiés.

Qu’est ce que la presse numérique ?

Autre fois, la presse était seulement vue sur le support de diffusion, le papier mais avec le développement fulgurant d’internet et de l’apparition de nouveaux moyens de communication, la presse a connu un nouveau visage celui du numérique. L’apparition de la presse numérisée date de longtemps mais c’est en 2005 avec l’arrivée des sites d’information générale et spécialisée appelés les pure players (Mediapart, Rue89, Arrêt sur images, Slate etc.) que l’internet va être l’espace adéquat de la presse numérique. (JurisPédia, 2009)

Ainsi, la presse numérique est définit par l’amendement de la loi n° 92-597 du 1er juillet 1992 relative au code de la propriété intellectuelle favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet proposé par le député Jean Dionis du Séjour comme : « tout service de communication au public en ligne édité à titre professionnel par une personne physique ou morale qui a la maîtrise éditoriale de son contenu en vue de produire et mettre à disposition du public un contenu original, d’intérêt général, renouvelé régulièrement, composé d’informations présentant un lien avec l’actualité et ayant fait l’objet d’un traitement à caractère journalistique, qui ne constitue pas un outil de promotion ou accessoire d’une activité industrielle ou commerciale. »

Le numérique devient alors une méthode très utilisée pour la diffusion de l’information grâce à internet et aux moyens de technologies de communication. Permettant ainsi, à tout lecteur où qu’il soit dans le monde de s’informer via sa tablette, son Smartphone ou son ordinateur. Aujourd’hui, la presse numérique gagne du terrain de plus en plus mais elle est confrontée à un problème ravageur qui est le plagiat.

Qu’est ce que le plagiat ?

Appelé aussi contrefaçon, le plagiat est un acte de malhonnêteté, qui salie la profession journalistique, une action  qui suscite des interrogations sur la neutralité et sur l’objectivité du journaliste en ligne. Mais selon la définition du dictionnaire larousse.fr, le plagiat est un : « Acte de quelqu’un qui, dans le domaine artistique ou littéraire, donne pour sien ce qu’il a pris à l’œuvre d’un autre. »

De ce fait, il est fréquent chez les journalistes en ligne qui, d’une part disposent et côtoient des outils numériques sophistiqués pour plagier mais aussi ils sont au contact de plusieurs dossiers et de travaux déjà réalisés et d’autre part ils ne sont pas le plus souvent sur le terrain pour fournir un bon travail de journalisme. On observe ce fléau le plus souvent chez les journaux territoriaux.

Exemple de plagiat dans le journalisme et des moyens de détection de plagiat

Pour appuyer notre travail sur le plagiat et la presse numérique, on peut donner à titre d’exemple le cas de la directrice exécutive de l’école de journalisme de Sciences Po à Paris Agnès Chauveau. Elle est accusée de plagiat par les « sites Mediapart, Rfi , Arrêt sur images  pour des emprunts non sourcés pour sa chronique radio dans l’émission Soft Power de France Culture et le texte est publié sur le site du Huffington Post. Du coup, elle a été congédiée par le directeur de l’école de ses fonctions de direction exécutive à Sciences Po» (L’Express, 2014).

Parmi les moyens de détection de plagiat, on peut citer :

  • Copier/coller une suite de mot, d’un texte en la faisant entrer sur un moteur de recherche (Google, Bing, Yahoo…) et la mettre entre guillemets. Le moteur de recherche se chargera de citer toutes les passages plagiés trouvés sur des sites,
  • Il existe aussi des logiciels anti-plagiat à l’instar de net qui est un logiciel d’aide à la détection de plagiat. Il est utilisable sur internet et ne requière aucune installation mais demande un compte d’utilisateur. Il permet d’analyser un document et d’affiner les résultats trouvés. Il existe deux versions : la version « Magister (vérifier les ressemblances des travaux des étudiants et les documents numériques) et la version studium (conçue exclusivement pour les étudiants pour vérifier leurs travaux avant soumission aux professeurs)» (Compilatio.net, 2014)
  • S’abonner à un site « anti-plagiat » comme com qui permet de faire des recherches libres et gratuites en collant ou en tapant le document pour savoir s’il est comporte des passages copiés et de fournir un résultat. Mais, il est « limité à 25000 caractères » et demande un compte pour des recherches avancées(Plagium.com)
  • Enfin, le logiciel Viper (http://fr.scanmyessay.com/) permet de détecter un document plagié sur internet et il est possible de le télécharger gratuitement.

De même, il existe plusieurs logiciels de détection du plagiat qui sont gratuits et d’autres demandent une licence.

Sanctions du plagiat: 

Le plagiat est sanctionné par la loi française en son article L1224-6 du Code de la propriété intellectuelle qui le définit comme : « Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque.»

D’après toujours le code de la propriété intellectuelle, le plagiat est passible d’une « peine de 3 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende »(Cliquedroit.com).  Mais on constate de nos jours que la sanction est plus pécuniaire que pénale.

Dès lors, on observe que la plupart des cas, les fautifs sont congédiés mais il n’y a aucun suivi après. Alors que la sensibilisation, des forums et des discussions autour du sujet, de même que la formation des journalistes sur le plagiat seraient bénéfiques pour que la discipline puisse bien profiter de la technologie pointue sans transgresser les barrières déontologiques et éthiques du métier.

En définitive, la presse numérique est devenue un moyen crucial pour s’informer à temps réel via internet. Néanmoins aujourd’hui, elle rencontre des difficultés d’authentification, de rigueur, d’honnêteté intellectuelle et déontologique à cause  de la recrudescence des articles plagiés notoires qui polluent et salirent la presse en ligne. Cette action nuit la profession, l’intégrité de cette discipline tant sollicitée de nos jours malgré les sanctions prononcées à l’encontre du plagiat et l’application  n’est toujours pas de rigueur. Aujourd’hui, on s’interroge, comment faire pour que la presse numérique renoue avec les pratiques déontologiques et éthiques de la profession à l’ère du numérique?

 

 

SOURCES

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